RTE: « On est plus à ça près »…par François

Un de plus… un de ceux qui vous met la boule au ventre, qui vous coupe les pattes, puis qui remonte en vous sous forme de frissons … pour finir sa course au bord des lèvres, desquelles s’échappe un chapelet d’insultes . Un de ceux où on se dit que c’est pas possible, que l’humanité ne peut pas être dotée de gens à ce point cupides, stupides, malveillants, vicieux…et définitivement motivés par une seule chose: l’appât du gain en écrasant la gueule de toute une vallée.

Et bien si… RTE nous en fait une fois de plus la démonstration. RTE a décider d’implanter un pylône sur un crassier sauvage d’une usine de Péchiney (cf les photos ci-dessous). Si vous souhaitez constater par vous même l’étendue des méfaits d’un chantier d’utilité publique , il vous suffit de vous déplacer sur la commune de la Roche de Rame. En arrivant de Gap une fois dépassé le village, tournez à gauche sous un pont de voie ferrée, engouffrez-vous à votre gauche sur une piste cabossée. En arrivant sur les lieux vous découvrirez des amas de déchets toxiques de l’ après guerre, bouteilles de produits chimiques, fûts en métal corrodés déversants d’étranges poudres blanches. Des centaines de mètres carrés de cancer, abandonnés par le patronat de l’industrie Péchiney au courant du siècle. Tout ceci encerclé de traces de peinture délimitant le chantier de RTE.  Pour mieux comprendre ce que peuvent contenir ces centaines,  ces milliers de mètres cube de terre dévastée, il vous suffit de vous rendre ici ou encore  (cliquez sur le département 05 et lisez la rubrique La Roche de Rame).

Effrayant…non?

Pour l’instant RTE attend l’autorisation de l’ONEMA (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques) avant de venir forer à plus de 13 mètres de profondeur et couler les plots de leur foutu pylône que personne ne veut ici.

Mais comment est-il possible, ne serait-ce q’une seule seconde, que les cadres de cette foutue entreprise publique aient pu penser venir remuer les terres mortifères d’un crassier industriel?

Mise en danger des travailleurs, mise en danger des populations alentours, grave pollution de la Durance…

Un scandale de plus…

RTE DEGAGE!

 

Comité stratégique de RTE ou « Comment enfumer toute une vallée en 10 pages »… par Pénélope

Le 3 mars dernier s’est tenu un comité stratégique entre RTE, le préfet et des élus (le dernier avait eu lieu le 4 aout 2016).

L’occasion pour Rte :
– d’y rappeler les importants « bénéfices » de son programme de « rénovation » pour les Hautes-Alpes…
– de faire le point sur l’avancement des travaux : on apprend ainsi que moins d’un quart des pylônes des lignes THT sont levés mais que la totalité sera quasiment levée d’ici la fin de l’année 2017. La fin du chantier est toujours prévue en 2020.
– d’évoquer la création d’une commission d’évaluation du préjudice visuel « indépendante » de Rte pour indemniser tous propriétaires situés près d’une ligne ou transformateur électriques de 225000 ou 400000 volts… Si vous êtes dans le périmètre des 200 mètres d’une ligne THT : Rte gère et vous a déjà recensés : parait que vous n’êtes que 89. Sinon faut se faire connaître de la commission.
– de relancer sa campagne de communication avec sa gazette « L’Echo de Haute-Durance » + un livret qui viendront noyer nos 40000 boites à lettres + un site internet « hautedurance.com » si bien référencé que la vallée de la Haute-Durance apparaît d’abord sur le net via la page de Rte… + l’envahissement programmé des réseaux sociaux.
L’occasion pour le préfet de s’étaler :
– sur le suivi environnemental des travaux de Rte et les mesures de compensation. Qu’on se rassure, tout va bien : plus question de rapport de manquement de la DDT sur notamment les 83% de pistes d’accès aux pylônes qui ne sont pas aux endroits prévus par les autorisations préfectorales et parfois à plus de 160 mètres, il n’est question que « d’échanges avec les services de l’état sur les pistes forestières » dont l’emplacement peut « évoluer » par rapport aux prévisions. On apprend également que la DDT est court-circuitée : le protocole de suivi de chantier mis en place en décembre 2015 et jamais suivi par RTE stipulait la remise d’un compte-rendu mensuel. C’est à la DREAL que Rte l’envoie désormais. Ca évite les fuites et ça doit compliquer sérieusement le travail de contrôle de la DDT.
– sur les retombées économiques du chantier pour les Hautes-Alpes : d’ores et déjà 19 millions dont la moitié pour les sous-traitants (devenus soudainement haut-alpins ?). Sur son site internet, Rte est moins formel en soulignant que ces 19 millions, c’est « selon la CCI » (Chambre de Commerce et d’Industrie)
– sur le plan d’accompagnement de projet (PAP). On découvre qu’il y a un PAP par communes et un PAP « autres ». L’Argentière-la-Bessée, commune de notre député-maire, siphonne 21% du PAP par communes, 59% si on considère tous les villages de sa Comcom… Comcom qui siphonne encore 10% du PAP « autres ». Dans sa grande générosité, Rte arrose également les chasseurs (15% du PAP « autres »), une association de handicapés  mais seulement à hauteur de 2,7%, et cerise sur le gâteau une association de gendarmerie : pas moins de 36000€ soit quand même plus de 9% du PAP « autres ». Pas étonnant que la maréchaussée soit aussi zélée quand il s’agit de courir après les notht !

 

Plus Bure sera la chute!

L’ANDRA est dans le jus, pas dans le bois ! Encore un effort pour lui faire boire la tasse !

Après avoir assisté impuissante à la chute de ses grilles le 18 février, l’Andra s’est pris cette semaine une belle volée de bois vert devant les tribunaux. Procès de l’occupation, appel sur le défrichement de l’été dernier, procès sur l’échange du bois… Les procédures lancées de part et d’autre, étroitement entremêlées, forment un sac de nœuds juridiques dont l’agence ne semble plus savoir comment se dépêtrer. Si le rapport de force se maintient sur le terrain, ces revers pourraient retarder le projet pour un bon moment.

Le 28 février, le tribunal administratif de Nancy a donné raison aux habitant-e-s de Mandres-en-Barrois et opposant-e-s en invalidant, pour vice de procédure sur la forme, la délibération du 2 juillet 2015 conseil municipal du village autorisant l’échange du bois Lejuc contre un bois mitoyen. Après plus d’un an et demi de mobilisations autour du bois qui ont ravivé la lutte comme jamais,, c’est un nouveau coup dur qui pose une sérieuse épine dans le pied des égoutiers de l’atome.

Le conseil municipal a maintenant 4 mois pour se « régulariser », c’est à dire refaire une délibération dans les formes pour reprendre une décision sur l’échange du bois. Le contexte a évolué, sur place les langues se délient, des riverain.es s’engagent, de nouvelles personnes viennent s’installer, la mobilisation (inter)nationale s’amplifie et les projecteurs sont braqués sur ce village où l’avenir de la filière nucléaire française est jeu. Finie l’époque des réunions à huis clos dans une mairie barrée par des vigiles ; révolue le temps où l’Andra pouvait exiger qu’une poignée de conseillers municipaux engagent leur village pour 100 000 ans lors d’un vote discret à 6h du matin.

La veille, le 27 février, lors du jugement de l’appel de l’Andra sur la décision du 1er août du TGI de Bar-le-Duc annulant l’autorisation de défrichement, un autre coup de théâtre a eu lieu, puisque l’Autorité Environnementale, qui avait rendu un avis favorable à l’agence lui permettant de défricher et forer sans étude d’impact préliminaire, l’a tout bonnement suspendu : la procédure de demande pourrait reprendre à zéro et tombe sous le coup de nouvelles lois durcissant les contraintes pour l’Andra Le délibéré aura lieu le 22 mai. Et l’agence n’a toujours pas d’autorisation préfectorale de défrichement.

Le 22 février, le tribunal a sursis à statuer sur la demande d’expulsion de Sven Lindstroem, habitant déclaré du bois, et renvoyé sa décision au 5 avril, après une demande d’entrevue du fameux hibou avec le président du TGI le 29 mars.

Jamais, historiquement à Bure, la verrue du nucléaire et son projet de poubelle n’ont été autant contestés et délégitimés sur le terrain comme dans les tribunaux. Mais rien n’est joué. Contrairement à ce que titrait certains grands journaux reprenant la dépêche AFP du 28 février, le projet de stockage n’est pas (encore) gelé. La délibération du conseil est annulée, mais l’agence reste encore propriétaire sur le papier. Surtout, les membres du conseil municipal de Mandres pourraient reprendre une décision autorisant l’échange, car ils-elles subissent une forte influence des nucléocrates, que ce soit par l’emploi de membres de leurs familles ou l’attribution de baux de chasse ou agricoles. L’Andra peut continuer d’avancer sur tous les autres secteurs où elle doit faire ses relevés de donnés pour pouvoir déposer sa Demande d’Autorisation de Création avant 2018, même si le calendrier est compromis.

Face à tout cela, il va falloir continuer de se bouger, dans de nombreuses directions :

  1.  En aucun cas les 4 conseillers municipaux de Mandres entachés de conflits d’intérêt ne devraient pouvoir voter. Sans parler du maire, véritable VRP décomplexé des éboueurs irradieux, maintenant nommé « délégué CIGEO » à la Communauté de Communes.
  2. Après le flou du 27 février sur le défrichement et la demande d’étude d’impact, il faut également bloquer l’Andra de toute possibilité de poursuivre ses funestes travaux préparatoires et autres relevés de données, non seulement dans le bois Lejuc mais partout ailleurs. Nous appelons les associations environnementales et naturalistes du Grand Est et d’ailleurs, approchée discrètement par l’agence pour participer à son étude d’impact globale, à se positionner publiquement contre le projet dans sa totalité, fausse « phase pilote » ou « caractérisation environnementale » y compris, et refuser de collaborer avec l’artisan d’une nucléarisation funeste pour la région.
  3. Quant au délai sur l’expulsion du bois après l’audience du 22 février, c’est l’opportunité de consolider l’occupation, les autres installations à Bure, les projets agricoles et tout ce qui fait que des dizaines de personnes se projettent à long-terme sur place.

De prochains rendez-vous seront donc bientôt lancés début avril, pour un printemps résistant, joyeux et toujours aussi déter’ !

Gardez vos déchets, on garde la forêt ! Andra dégage, résistance et affouages !

Rama: en toute impunité

Tout le monde avait entendu parler qu’un projet de carrière était en cours au niveau du magnifique lac de Rama. Le prédateur des lieux s’appelle Régis Allamano, patron de la grosse boîte de BTP des Hautes Alpes portant ce même nom.

L’idée est d’extraire les matériaux contenus dans les sols pour les remplacer par ce qu’on appelle communément « les déchets inertes » (voir par là « benne à gravats de la déchetterie »).

Bon plan, non?

Un hic pourtant. Des recours ont été déposé par la Sapn, la fédération de pêche pour atteinte à « la loi sur l’eau » en particulier.

Pour le moment la seule autorisation préfectoral qu’à Régis, c’est de faire fabriquer une digue en bloc rocheux du côté du lac. Il n’a en aucun droit la possibilité d’extraire et voler les matériaux pour les déposer sur ses lieux de stockage.

Et pourtant, depuis plusieurs semaines il s’agit bien de cela… Une trentaine de camions par jours sillonnent la petite route de Rama chargés de granulats. En toute impunité…ça ne vous rappelle rien?

 

 

Check points dans les écrins: Que se passe t-il?

Se retrouver en bas de rampes de Freissinières devient définitivement une activité surveillée.

Dés 8h du matin, sur ordre du procureur, les accès aux rampes de Freissinières sont vérouillées. Check point Pallon 8 flics, Check point N94 7 flics, check point route des espagnols 5 flics. Réquisition de Raphaël balland avec pour ordre de contrôler  tous les véhicules avec ouvertures des coffres, contrôle des passagers afin de « prévenir d’éventuelles infractions futures sur le lieu d’une manifestation annoncée ».

Mais que fait la police?

S’agit-il de cristalliser les futures infractions de RTE, cristallisation si chère à notre polytechnicien préfectoral? que nenni!!! Il s’agit comme toujours de protéger RTE afin qu’il puisse continuer en tout impunité leurs infractions. A ce jour, sur le peu de chantier contrôlé par la MISEN, 442 ont été répertoriées (cf RTE leaks).

RTE se comporte dans les Hautes Alpes comme Bolloré en Afrique ou Total en Birmanie. La loi y s’en foutent, le préfet les couvre, le procureur les protège, une vraie petite république bananière au service de sa majesté RTE.

La constante des actions menées contre les opposantEs aux lignes THT, c’est l’intimidation policière. Une dizaine d’opposantEs ont mobilisé une vingtaine de képis toute la matinée. Mais qui sécurise nos écoles pendant ce temps-là?

Quatre accidents à cause du revêtement de la route des espagnols défoncée par les travaux de RTE. Des blocs de pierres tombent sur la route, une voiture a été percuté pas plus tard qu’avant hier… ce qui a beaucoup fait rire notre adjudant préféré, appelé pour constater les dégats « en montagne, c’est normal qu’il y’ait des pierres qui tombent ».LOL.

Nous avons tout de même fait stopper les travaux de forage durant la matinée.  Les flics ne réapparaissant que pour nous filer à notre retour jusqu’à l’Argentière. Une stratégie un peu obscure, avouons-le…

26/01 RTE leaks: Action blocage de chantier

RTE leaks: Action

Les températures se sont radoucies, le travail a repris pour RTE et compagnie.
Nous appelons donc à une journée de blocage ce jeudi 26 janvier 2017, pour éviter que la longue série d’infractions commise par RTE ne s’allonge.
Rendez-vous à 09h00 ce jeudi en bas des rampes de Freissinières (en face de la Roche de Rame) en bord de Durance (parking prés du stade de foot).

Avec joie et bonne humeur,
A jeudi!!!