Jeudi 19/01: Action de salubrité publique

Températures trop basses… les chantiers de la THT sont temporairement suspendus cet hiver. Faisons en sorte qu’ils ne reprennent jamais!

Du coup le blocage de chantier ce jeudi est en suspension. On reste vigilant, de futures infos vous seront communiquées prochainement.

Suite aux révélations du document dit « RTE leaks » par AHD et le collectif NO THT dans lequel on découvre « avec stupeur »…! que les services de l’Etat (Misen) ont relevé plus de 442 infractions commises par RTE lors de son chantier de ligne THT:

Et considérant la position prise par le préfet

*en amont: Occultation volontaire de ces infractions vis à vis de la population des Hautes Alpes depuis l’automne 2016

*en aval: Décision de non suspension des travaux, rendue publique aprés un mutisme de plus de 6 jours, jugeant qu’il n’y a pas d’entorse au droit.

Ce qui nous donne une équation de type polytechnicienne:

INFRACTION=ÉTAT DE DROIT

Mobilisons-nous donc pour éviter une 443ème infraction, en agissant dans les règles de Mr le Préfet, celles de l’Etat de droit:

Bloquons ensemble un chantier dit « d’intérêt public »

Réservez votre journée du jeudi 19 janvier (une heure et un point de rendez-vous vous seront communiqués mardi à 20h)

18 janvier: Appel à manifester à Gap

Nous relayons l’appel de l’association AVENIR HAUTE DURANCE à manifester le 18 janvier à Gap.


Gap, mercredi 18 janvier à 14:00 ON SE RASSEMBLE place du Conseil départemental !

* pour protester contre le RTE Leaks
* pour déposer officiellement plainte suite au RTE Leaks
* pour déposer plainte contre la mise en danger d’un captage d’eau par une entreprise sous-traitante de RTE.
* pour déposer 5 000 signatures au Conseil départemental demandant l’arrêt des travaux
* pour déchirer nos contrats EDF : EDF partons en courant.

28/12 Retour sur une journée ensoleillée… débordante de démocratie

Témoignage de la rencontre avec Mr le ministre…

RTE VOYOU, PREFECTURE COMPLICE !

Lou Ravi

Les Alpes, on le sait, attirent beaucoup de touristes, en hiver comme en été, qui viennent profiter de l’air pur de la montagne. Mais les Alpes, en période de fêtes, attirent aussi les nombreux santons de la crèche de noël…
Ce mercredi 28 décembre, le nouveau ministre de l’intérieur, Bruno le Roux, était donc en visite dans le briançonnais. Après avoir assisté à une simulation de secours en montagne à Montgenèvre, il est allé poser la première pierre de la maison de l’État, à côté de la sous préfecture. Cérémonie en grande pompe donc, pour celui qui remplace Cazeneuve et son superbe look d’officier de la Stasi.

Ainsi, à 15h, il y avait du beau monde à la sous préfecture. Giraud, Eymeoud, le préfet, un général et tout un tas d’autres Ravi en costume (lire par là: santon de la crèche de noël). Tout se déroulait comme prévu, jusqu’à ce qu’une dizaine de militants NO THT décident de jouer les troubles fêtes. A l’arrivée du ministre, les slogans fusent : « RTE voyou!! préfecture complice !! » « RTE dégage !» «  Mais que fait la police ? Ca crève les yeux ! » et « justice pour Adama ! », ce dernier ayant été assassiné par des gendarmes du PSIG le 19 juillet dernier, à Beaumont sur Oise.

Les gendarmes mobiles, présents en nombre d’ailleurs, reçurent l’ordre d’écarter les troubles fêtes de la cérémonie et de les nasser un peu plus haut dans la rue, à l’écart des journalistes et des caméras. Ainsi, une quinzaine de gendarmes furent nécessaires pour nous écarter de la vue du saigneur Le Roux. Les passants, interloqués par la situation, exprimaient leur solidarité avec notre action.

Après la cérémonie, le ministre avait prévu de repartir à Montgenèvre pour féliciter les policiers de la police aux frontières, qui ont arrêté la veille 45 clandestins. Mais pour cela, il devait passer devant les militants NO THT toujours encerclés par les gendarmes. Afin que son regard ne soit pas heurté par les velléités d’oppositions des habitants de la vallée, les bleus nous repoussèrent violemment un peu plus loin dans une ruelle, vers le lycée d’altitude. L’un de nous fut attrapé et violemment plaqué au sol par quatre gendarmes.
La chaussée nettoyée, en ligne face à 8 militants et trois enfants, les gendarmes, pour certains les yeux injectés de sang, répondirent à nos invectives sur leurs meurtres et les mutilations par les tirs de flash ball par des sourires narquois et des regards qui trahissaient leur amour pour la violence. Après le départ du sinistre, les gendarmes embarquèrent dans leurs camions.

Encore une fois, les flics, préfets et administrateurs de tout poil ont montré leur véritable rôle : maintenir la paix sociale, empêcher toutes protestations, protéger intérêts privés et politiques corrompus jusqu’à l’os. En attendant, RTE massacre la vallée, érige ses pylônes et continue son business avec la bénédiction de l’État. Notons par ailleurs qu’un rapport de la DDT révélé il y a peu, montre que la quasi totalité des chantiers de la THT sont illégaux. Mais que fait la police?…

RTE DEGAGE !

FLASH SPECIAL RTE LEAKS

Dernières infos RTE leaks:  à suivre tous les épisodes sur le site d’ Avenir Haute Durance

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Ce samedi 17 décembre 2016 avait lieu le Noël No THT à La Roche de Rame, une date qui marque un tournant dans la lutte contre les lignes à très haute tension dans la vallée de la Durance. Les opposants avaient choisi ce moment pour dévoiler un rapport de manquement administratif faisant état des contrôles réalisés par divers organismes sur les différents sites de travaux. Ce rapport confirme ce qui est dénoncé depuis longtemps, à savoir des irrégularités sur les chantiers. Plus de 80% des pistes d’accès sont non conformes aux autorisations, 58% de ces pistes sont non conformes également à l’atlas travaux et ne respectent donc pas les enjeux écologiques, 55% des zones de défrichement travaillées sans arrêté… la liste est longue et la conclusion sans appel « il nous semble que ces écarts constituent des éléments de nature à fragiliser les arrêtés préfectoraux délivrés en matière de défrichement et de dérogation espèces protégées dans un contexte de contentieux ». Les opposants subissent une répression de plus en plus forte des forces de l’ordre, RTE pour sa part n’est jamais inquiétée. Une entreprise qui ne respecte rien, qui ment à tout le monde, ne doit plus exercer, nous demandons l’arrêt immédiat des travaux.

C’est par un magnifique feu d’artifice que cette journée s’est clôturée, après la distribution des cadeaux, aux grands et aux petits.
https://youtu.be/8OcI-C7A68o

Un premier article de la PL à lire ici

rte rte2 rte3 rte4Et rien d’autre à dire que…rte6Et que fait la police?…ça crève les yeux!

17/12: Noël No THT

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Samedi 17 décembre: Noël No THT

Car oui, chez les No THT aussi on fête Noël!

Ca se passe à la Salle du château de la Roche de Rame (en face du monument au mort-en bord de route nationale).

Au programme:

14h Assemblée de vallée
16h Goûter/Boissons chaudes
16h30 Remise des cadeaux 

Le débat public peut bien avoir lieu dans le Briançonnais.

Oui! Merci d’ailleurs aux Gentils Organisateurs qui ont pris soin de ne pas fournir de micro mobile à l’assistance.

Petite attention symbolique pour bien signifier la place attendue -et laissée- à la participation publique.
Pour prendre la parole vous n’aviez qu’à parler très fort ou venir devant la salle pour vous exprimer.
Petite madeleine de Proust de l’école, quand vous alliez au tableau pour répondre, afin bien rappeler qui décide et qui doit écouter.

Oui le débat public a bien eu lieu dans le Briançonnais.

Oui! Merci aussi au dispositif policier qui a permis de mobiliser une bonne vingtaine de leurs agents ainsi que la directrice de DGSI et ses collèques, quelques BAC-eux et tout l’atirail pour fouiller la vingtaine de personnes venues participer au débat public. Vingtaine de personne qui a pu assiter à la sortie à une haie d’honneur de flicaille, dont un matraque à la main. Là non plus on ne lésine pas sur les moyens pour rappeler où se situe la place de chaque personne : marchez droit ou c’est le bâton!

Oui le débat public a bien eu lieu dans le Briançonnais.

Oui! Merci également pour la brillante démonstrastion du salarié de TELT qui, d’un revers rhétorique, éloigne la question des déchets produits par le chantier. En effet pour répondre à propos des 6 millions de tonnes de déchets (on parle là des 25% de déchets qui n’ont aucun projet fiable de retraitement à ce jour) il conclu par « vous habitez bien dans une maison ». Vous cherchez le rapport? Nous aussi… C’est un peu comme si à propos des capsules jetables de café on vous disez « non mais tu (ou ta femme ou ta fille) porte bien des boucles d’oreille ! alors tu vois c’est pas grave de produire des déchets, on peut en faire des bijoux » ou comment justifier une consommation polluante par la part infiniment minimale de celle-ci qui va être revalorisée. Bon sauf que là on parle de 25% de 24 millions de tonnes de déchets extraits de la montagne.
Et c’est sans mettre en doute le fait qu’ils soient capables d’en retraiter 75%…
Merci à lui quand même car il s’est évité les douloureuses questions telles que la nature des déchets, leur emplacements de stokage, la durée de leur retraitement ou le coût de leur acheminement…

Oui le débat public a bien eu lieu dans le Briançonnais.

Mais ne voulant pas vous endormir avec des répétitions dignes des rhétoriques présidentielles (on vous épargne le « moi président » tout de même), on continuera en vous faisant profiter d’un petit moment off du débat qui vous fera, on l’espère, sourire.

Que répond un salarié de TELT quand on lui demande s’il compte construire sa maison en amiante (en référence à une de ses questions précédentes)?
(les propos retranscrits là le sont de mémoire, il est possible que la forme soit un peu modifiée et que ce ne soit pas l’exacte retranscription)

salarié de TELT « -il faudrait savoir, c’est (le projet Lyon-Turin) inutile, trop couteux ou dangereux parce qu’il y a de l’amiante? »

un membre l’assistance « – les trois! »

salarié de TELT « -vous voyez vous mélangez tout, vous n’êtes pas crédible »

On n’aurait pourtant pas cru avoir dans les rangs adverses une si belle clairevoyance, et si bien résumée, quand à l’abération qu’est le projet du Lyon-Turin. Dommage qu’elle se double d’une bétise si grande qu’elle fait croire que quand on a plusieurs arguments, ce n’est pas qu’on a un argumentaire fourni mais plutôt que l’on n’est pas crédible.

Note pour celles et ceux qui rendent des devoirs écrits, si votre copie est affublée d’une mention telle que « veillez à diversifier votre argumentaire », vous n’aurez qu’à répondre « je ne présente qu’un seul argument pour rester crédible »! On verra bien si ça passe…

Il y aurait encore bien à dire à propos de cette soirée qui, pour M. Fromm, prouve que le débat public peut bien avoir lieu dans le Briançonnais.
Cela dit on va la résumer en une question-réponse sur le thème des déchets en laissant au plus experts le soin de faire valoir un argumentaire (qu’on espère fourni) sur tant d’autres points à traiter.

Quand on a pour projet de répandre au bas mot 6 millions de tonnes de déchets dans les vallées et qu’on résume ça, sur sa plaquette de propagande, par une carte des voies ferrées de l’Europe dessinée sur une jolie feuille d’arbre bien verte qu’est-ce que c’est? Du green washing, de l’hypocrisie ou du mépris -exprimé en termes choisis accompagné d’un sourire poli?

Réponse : les trois mais pas seulement, vous pouvez compléter la liste par mensonge, déni de démocratie, saccage de la biodiversité, ect… la liste n’étant pas exhaustive.

02/12 Débat Public VS Etat d’Urgence

Vendredi 2 Décembre Mairie de Briançon 05 aux environs de 18h (GMT).

Réunion d’information sur le projet de ligne TGV Lyon-Turin, laissant entrevoir une éventuelle liaison Marseille Torino, elle aussi à grande vitesse. Même si on n’en croit pas nos yeux, ils sont là quand les citoyens arrivent. Une trentaine de policiers, bien nourris et en pleine forme, tous sexes confondus, occupent l’esplanade de la mairie, barrant l’entrée d’un 4×4 (de marque anglaise) , tous phares allumés et moteur en marche. Aux alentours rôdent dans les rues avoisinantes 2 équipes de la BAC (certains cagoulés), bien connue pour leur tendresse exacerbée envers tout ce qui est encore vivant. Toujours joueurs, ils se permettent des fouilles impromptues sur certains arrivants, sans même sortir leur carte. Enfin, un terne duo de la DGSI complète le casting.

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Les organisateurs, Mr.Fromm et Mr.Giraud édiles encore en exercice ont invité « le cerveau » du tav. pour faire l’article, Mario Virano. Plus inattendu à cette tribune, l’inénarrable carriériste, dinosaure du Parti socialiste et néanmoins ex-ministre Louis Besson, mais que fait il donc là ? Personne n’a l’air de le savoir ce qui ne l’empêchera pas de pérorer de très longues minutes, pendant que Mr.Fromm se tait et que Mr.Giraud joue avec sa tablette.

De langue de bois en délires désenclavistes, les réponses aux questions posés par les citoyens durent des plombes (style :on oublie le début, mais on comprend pas la fin) bref… enfumage en milieu confiné, en sortant on puait le mensonge pendant de longues minutes.

Pendant ce temps le 4×4 tournait toujours phares allumés. Les humanistes de la BAC étaient sortis des venelles à la Vauban et se pavanaient devant leurs collégues en tenue. Une fliquette esquissa un pas de danse sur la cumbia de notre sono, mais aucun mâle ne se mit a pogoter sur le morceau suivant, un vrai punk rock pourtant.

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Ah! J’ allais oublier, lorsque la piétaille fut autorisée à rentrer pour porter ses doléances, elle dût passer par une fouille au corps. Fliquettes pour les femmes et poilus pour les autres…Il faut dire que nous étions une quinzaine, et que finalement, malgré tout ,debout sur les chaise nous pûmes agiter le drapeau NO TAV dans la salle.

C’était un Vendredi à Briançon, quand les élus informent …

Merde a Vauban…

No THT – No TAV: Génèse du TGV Marseille-Turin

Nous appelons à un rassemblement le vendredi 2 décembre devant la mairie de Briançon (vieille ville) à partir de 18h pour crier haut et fort NO TAV – NO THT.

Non au TGV, Ni ici ni ailleurs

A propos de la percée d’un tunnel ferroviaire sous le col du Montgenèvre et de la ligne à grande vitesse Marseille-Turin.

Note : les principales sources (dates, faits, déclarations ou chiffres) de ce texte proviennent des archives consultable sur le site du SETUMONT.

L’emprise de l’être humain sur son environnement ne cesse de s’accroître, conséquence d’une part de l’évolution démographique et d’autre part de projets favorisant les transports et l’exploitation des matières premières et des personnes. L’équivalent d’un département en terre agricole disparaît tout les sept ans sous le béton. En effet, les métropoles s’étalent et l’on construit sans cesse de nouveaux aéroports, de nouvelle lignes TGV ou autoroutes, des lignes à haute tension ou autres projets mutilateurs qui lardent de cicatrices les paysages. L’idéologie dominante reste sensiblement la même : produire plus, transporter plus et plus vite, au détriment des populations et de l’environnement.

Si au niveau « politique » un consensus s’est installé sur la nécessité de réaliser ces nouvelles infrastructures, les décideurs ne s’en heurtent pas moins aux résistances des populations locales. Les exemples ne manquent pas et les pratiques sont diverses. On peut citer le projet d’aéroport de Notre dame Des landes, près de Nantes, où près de 2000 Ha de terres agricoles bocagères sont menacées. Les habitants sont en lutte contre ce monstre de béton depuis une quarantaine d’années, et cette lutte prend différentes formes : recours légaux, occupation illégale du terrain, sabotage, saccage de locaux, pressions sur les entreprises devant réaliser les études ou les travaux…

D’une manière analogue, les habitants du Val de Suse, une région proche de Turin en Italie combattent le projet de ligne LGV Lyon-Turin. Ce mouvement appelé No TAV (Non au TGV) prend ses racines dans les années 1990. Aujourd’hui, les opposants organisent des assauts contre le chantier qui a déjà commencé. Conscient de l’ampleur de la résistance, le gouvernement italien a décidé de militariser la zone et de protéger les travaux à l’aide de barbelés ou de murs en bétons. D’autres luttes existent, actuelles ou révolues, victorieuses ou non, comme celles contres les centrales nucléaires de Ploggof ou de Carnet, l’autoroute de Khimki en Russie, contre les lignes THT, l’exploitation des gaz de schistes, …

Souvent, il arrive qu’un projet fasse son apparition, disparaisse pendant des années, réapparaisse, soit contesté, annulé ensuite puis… qu’il revienne sous une autre forme. C’est le cas de la percée du tunnel du Montgenèvre, dans le département des Hautes Alpes, dont les origines remontent aux années 1860.

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Genèse du projet

L’idée d’une percée sous le Montgenèvre est évoquée dès 1861 par un député haut alpin qui demandait la réalisation d’une ligne ferroviaire reliant Marseille à Turin. Une vingtaine d’année plus tard, la ligne arrive jusqu’à Briançon. Largement soutenu par les élus locaux, le projet de tunnel est suspendu pendant les deux guerres puis est inscrit dans le traité de paix franco-italien en 1947.

Mis entre parenthèse pendant quelques années, ce projet refait son apparition dans les années 70, avec cette fois ci la volonté de réaliser une autoroute, l’A51, reliant Fos sur mer à Turin. Les habitants manifestent leur hostilité à cette nouvelle tentative et obtiennent le classement de la vallée de la Clarée, concernée par la percée du tunnel, ce qui empêche l’autoroute de traverser les montagnes. Emilie Carles, institutrice dans la région, relate cette lutte dans son autobiographie «Une soupe aux herbes sauvages». Elle déclare notamment : «Cette déviation s’ajoutera au reste, à la voie express et à la voie ferrée elle aussi prévue. Notre vallée ne sera plus qu’un immense couloir de béton, avec le bruit, l’odeur et la pollution. La Clarée deviendra comme la vallée de la Maurienne, un endroit mort où le feuillage est détruit, les moutons obligés de s’en aller ailleurs. C’est ça qu’ils doivent se mettre dans la tête, cette autoroute et tout ce qui va avec, ce n’est pas conçu pour le bien du village et pour le bien des paysans.». L’autoroute A51 arrivera néanmoins en 1999 jusqu’à La Saulce, près de Gap. Le nouveau tracé doit continuer jusqu’à Grenoble et est réalisé morceaux par morceaux. Il est encore la cible de contestations, que ce soit dans la vallée de Trièves ou ailleurs. Mis de côté pendant quelques années, les dirigeants semblent s’y intéresser de nouveau.

C’est en 1983 que la percée ferroviaire sous le Montgenèvre refait son apparition, quand la commune de Briançon met la main sur les anciennes études de la SNCF. En 1988 est créé le SETUMONT, le syndicat mixte chargé des études sur la percée du tunnel. Il regroupe les communes traversées par le projet de ligne TGV, ainsi que les régions et CCI françaises et italiennes. S’ensuivent plusieurs études, puis une conférence franco-italienne valide le projet de percée sous le Montgenèvre comme complément à l’axe Lyon-Turin en 1999.

Le 15 janvier 2010, les collectivités ont alloué une enveloppe de 20 M€ pour les études de faisabilité économique et technique du projet de tunnel ferroviaire du Montgenèvre. Le 23 octobre 2012 a été présenté les différents tracés possibles. La commission du débat public devrait être saisie courant 2013, et les élus espèrent commencer les travaux rapidement pour une mise en service en 2020. Le tracé le plus probable pour le tunnel serait de Briançon à Oulx. La ligne LGV traverserait le Val de Durance et le Val de Suse. Même si, comme disent les élus, « le premier coup de pioche est encore loin », nous ne pouvons pas attendre le début des expropriations ou du chantier pour nous y opposer.

Contre la ligne LGV et son monde

Les arguments des décideurs pour cette nouvelle ligne à grande vitesse sont sensiblement les mêmes que ceux pour le Lyon-Turin. Le désenclavement est souvent évoqué : non pas que ces vallées soient inaccessibles pour les personnes, mais elles représentent un obstacle pour les flux de marchandises qui vont de Lisbonne à Kiev. Les montagnes n’empêchent pas nos déplacements alors que voies ferrées et autoroutes quadrillent l’espace de lignes infranchissables.

De la même manière, les élus démontrent à l’aide d’une logique imparable que le fret permettrait de résoudre les problèmes posés par les poids lourds, alors que le col du Montgenèvre leur est interdit. Leurs études tablent sur 100 trains par jour, c’est à dire un TGV tout les quart d’heure. C’est à se demander si l’on ne préfère pas les camions. Néanmoins la question n’est pas de savoir quelle est la meilleure manière pour transporter des marchandises. Il s’agit de remettre en cause nos modèles de production et de consommation, ce qui constitue apparemment une tâche plus ardue que le simple fait de transformer les montagnes en gruyère.

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Un autre de leur argument est celui du tourisme, fortement lié à l’économie locale. Ce discours intervient au moment ou il apparaît que l’or blanc n’est plus qu’un lointain mirage. Les montagnes sont parsemées d’édifices standardisés pour des vacances standards, enfin pour qui peut s’en donner les moyens. Mais les stations de sports d’hiver font faillite les unes après les autres, et l’on peut s’interroger sur les conséquences de plusieurs années de travaux dans la vallée pour le tourisme tant vanté. En plus du désastre écologique certain que représente la réalisation de cette ligne à grande vitesse, il faut y ajouter la construction d’une nouvelle ligne électrique à Très Haute Tension qui mordrait sur les Écrins, ainsi qu’un permis de recherche de gaz de schiste récemment découvert qui concerne le département des Hautes-Alpes. Certains initiateurs du projet de tunnel envisagent déjà un gazoduc qui emprunterait le tunnel.

La notion de vitesse n’est pas exempte de critique. Les déplacements rapides ne sont utiles que dans un monde où la vitesse prédomine et où notre quotidien n’est plus qu’une succession d’immédiateté. Ce monde convient à des personnes pressées qui croulent sous le poids des contraintes, et qui si elles pouvaient l’éviter voyageraient d’une toute autre manière.

« Le seul intérêt général qui mérite d’être discuté en cette fin de siècle, c’est de tenter de mettre un terme au saccage de la vie, et non de gagner quelques dizaines de minutes pour passer la vallée du Rhône. Quant à la seule croissance qui mérite qu’on s’y arrête, c’est celle, qualitative, de l’existence humaine, la seule qui permette de sortir de cette obscure préhistoire économique. » Alliance pour l’opposition à toutes les nuisances, 1991

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Des personnes s’opposent à des projets destructeurs dans de nombreux endroits. Trop souvent la défense du territoire prime sur l’idéologie à combattre ; parfois, des composantes de l’opposition proposent ou soutiennent des projets « alternatifs », « moins coûteux », qui épargnerait leurs maisons mais sacrifierait celles des autres. Ces positions sont blessantes pour celles et ceux qui luttent, ici ou ailleurs. Au delà d’une lutte contre un projet d’aéroport ou une ligne à grande vitesse, il s’agit de brèches qui s’ouvrent dans un monde que nous voulons voir s’effondrer.

Ni ici, ni ailleurs!

Leurs projets ne sont pas les nôtres!

Non aux projets de LGV Marseille-Turin, à la poursuite de l’A51, à la ligne THT Haute-Durance. Non à tous les autres.

 

27/11 Highline No THT

Les acteurs de la montagne s’élèvent contre le projet d’implantation de lignes THT sur la Haute-Durance.

Ce dimanche 27 novembre 2016, une action de protestation vigoureuse et artistique a été menée  sur la commune de Puy Saint Eusèbe, dominant le lac de Serre-Ponçon, sous le parrainage des grimpeurs-alpinistes Stéphanie Bodet, Arnaud Petit et Lionel Daudet. Une highline a été tendue entre les deux pylônes, baptisés Maurice Brun et Karine Berger, qui symbolisent l’absurdité et la gabegie du projet de Rte dans les Hautes-Alpes.
Une première mondiale dont on se serait bien passée : des slack-liners ont réussi à plusieurs reprises la traversée des 80 mètres séparant ces pylônes, hauts de 40 mètres, destinés à nous imposer leurs délires inutiles de Très Haute Tension – 2 x 225 000 volts ! Une belle performance aérienne et poétique…
Outre l’arrêt immédiat des travaux, le collectif No THT 05 exige à nouveau que soit rendu public le Rapport de Manquement remis au préfet par la DDT. En effet, les irrégularités commises par Rte sont nombreuses, impunies et cautionnées par les élus complices et la préfecture. Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce déni manifeste de démocratie ? Les haut-alpins ont simplement le droit à la vérité concernant ce massacre environnemental.

Infos et photos sur le facebook No THT 05 ou  pour une revue de presse ici, ici  et ici pour le moment…

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